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Pour sa première édition, le mini-festival du Printemps des Inrocks nous a proposé un événement assez exceptionnel, puisqu'il s'agit du retour sur scène des New-Yorkais d'Interpol, pour un concert unique en France, et rare en Europe, avant la sortie de leur très attendu prochain album 'Our Love To Admire'. Les soirées organisées par le magazine des Inrockuptibles ressemblent souvent à des soirées de promotion, de relations publiques où se retrouvent les journalistes et tous le microcosme des labels indépendants, qui discutent en affichant une certaine distance vis-à-vis de ce qui peut se passer sur scène. Mais ce soir beaucoup de fans sont là et accueillent chaleureusement le groupe, qui restera dans la pénombre bleutée de la scène du Cabaret Sauvage, petit bijou idéal pour voir ce genre de groupe, habitué aux très grandes salles. |
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Interpol
Le Cabaret Sauvage, Paris, 10.5.07
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Le groupe attaque avec un nouveau titre, "Pioneer", très sombre, assez lent. La voix de Paul Banks est juste, intense, grave, belle et pénétrante, la guitare de Daniel Kessler, incisive et mécanique hypnotise, souvent dans les aiguës comme un forêt menaçant de nous traverser le crane. La basse du théâtral Carlos Dengler et la batterie de Sam Fogarino nous attrapent par les tripes et nous font vibrer sans répit. Interpol nous délivre ainsi une petite dizaine de joyaux parfaitement ciselés, des titres puissants et contrastés.
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Les extraits du premier albums sont révélés avec une maîtrise et une puissance nouvelles, ceux d'Antics nous replongent dans la délicieuse dépression dans laquelle nous avait laissé ce magnifique album, et les trois ou quatre nouveaux morceaux laissent présager que le troisième opus ne nous décevra pas... des titres puissants, froids, souvent déstructurés, émouvants.
Interpol, c'est aussi un look et une attitude très recherchés, très classe, notamment pour Daniel Kessler et Carlos Dengler, au look presque "bourgeois XIXe siècle", fine moustache, gilet-veston-cravate. Tous deux prennent des poses très "vogue", manches de guitare derrière la tête, têtes renversées, moues boudeuses, regards pénétrants... qui nous laissent à penser qu'ils gardent une sacrée dose d'humour de second degré et d'autodérision ! En revanche Paul Banks, tout en noir et en contre-jour, reste discret, presque en retrait, même s'il occupe le centre de la scène.
Le concert s'arrête brusquement au bout de trois petits quarts d'heure, et sans rappel. Comme le public refuse de quitter la salle, on nous annonce que le groupe serait bien revenu mais que le chanteur craignait pour sa voix... Qu'il la ménage, elle est précieuse. On sort du concert un peu secoués, émus, un peu sur notre faim (il paraît qu'il vaut mieux terminer un repas avec un reste d'appétit), non sans avoir pris une dernière bière avec les journalistes et les producteurs...
Words, videos & photos: Leo Poli 
 
www.interpolnyc.com
www.myspace.com/interpol |
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