Flo

Jad Wio
extraits de Sex Magik

Das Ist...
Aiwass
Je déconne
Barbèlô

Jad Wio

Jad Wio
Flomotions sessions
(titres en intégralité)

Les habitudes n'existent pas
Sauvage
L'amour à la hâte
Les amours jaunes (inédit !)
L'histoire
Jad Wio
Paris - 29.11.2007


The Cush
UK - 26.08.2007


Spindrift -
Dave Koenig

London - 29.08.2007


Mark Gardener
Oxford - 31.08.2007
Plastiscines
Paris - 28.09.2007


Siouxsie
Paris - 28.10.2007
The Ruts
Charity Gig
& Film Premiere


Goldfrapp
Upcoming new album setlist
 
Jad WioJad Wio vient de sortir l'excellent album "Sex Magik", inspiré par une muse sulfureuse et provocante, la "courtisane de luxe" Lilith Von Sirius. Denis Bortek et Christophe Kbye nous racontent son histoire avec une provocation élégante, et un son très rock'n'roll.

Et lorsque j'ai demandé s'ils pourraient interpréter quelques titres pour Flomotions, Charlotte, leur manager a carrément organisé une session unplugged. Les deux guitaristes ont joué généreusement, avec une exaltation et un plaisir intacts, beaucoup de titres de leur nouvel album, quelques anciens, et pas mal de reprises. Vous pouvez écouter en exclu, et en intégralité, quelques unes de ces performances.

Au cours de l'entretien, les Jad Wio nous parlent de leur univers, de leurs affinités musicales françaises, anglaises, américaines, de leur parcours, de leur passage par une major, pour finalement créer leur propre label Magik C... et bien sûr de leurs performances scéniques ! Jad Wio est un groupe qui déchire sur scène... bientôt près de chez vous !!!

Jad Wio + guests le 7 février à Paris au Trabendo

   
 
'L'histoire'
Jad Wio
Le Cleub, Paris, 19.11.07
 


Leo : Hello Jad Wio ! Comment présenteriez-vous le groupe, sa formation, son historique ?

Bortek : C'est une entité que nous formons, car nous ne nous prenons pas pour un groupe. J'ai commencé tout seul Jad Wio et j'ai essayé réunir des personnes avec lesquelles je pouvais m'entendre et bosser. J'ai rencontré Christophe, et depuis une vingtaine d'années, nous sommes ensemble, à faire des chansons, des choses... Nous sommes un peu, pour nous situer, musicalement, et au niveau de notre esprit, les enfants de Serge Gainsbourg et du Velvet Underground.

Kbye : Et de Marc Bolan !

Bortek : Oui, l'Angleterre nous a vraiment marqué, dès notre adolescence, quand on a été en contact avec ce monde, avec l'Angleterre, avec Londres. Et Marc Bolan, Bowie sont très présents.

Kbye : Gary Glitter ! Mais après il a mal tourné. J'espère qu'on ne va pas finir comme lui ! Non, jamais.

Leo : Et quelle est l'origine du nom ?

Bortek : C'est un nom que j'ai inventé, pour qu'il ne ressemble à rien. À l'époque, tous les noms de groupes étaient très signifiants, et je voulais qu'il ne signifie rien. Mais en fait, c'était reculer pour mieux sauter. Me cacher pour mieux me découvrir. Je ne veux pas dire ce que ça signifie. Mais ça a un rapport avec la violence.

Leo : Vous pouvez définir l'univers de Jad Wio ?

Bortek : Nous sommes des garçons qui sont entrés dans la vie en refusant ce que proposait le commun des mortels, c'est-à-dire aller travailler, tout ça... Donc on a décidé de ne pas bosser et de faire du rock'n'roll. Jim Morrison ou les Rolling Stones à Altamont nous ont vachement marqué, et c'est ce qu'on a voulu faire. Apprendre la vie en faisant du son, du bruit. Moi, je veux bien travailler si ça me passionne, mais sinon...

Kbye : L'univers de Jad Wio est depuis toujours, depuis que j'ai rencontré mon ami Bortek qui l'a créé, un univers baroque, excentrique, extravagant, et l'air de rien, très subversif...

Leo : Vous avez sorti deux albums en deux ans après une longue pause. En vous voyant, j'ai envie de dire : c'est bon d'avoir reformé Jad Wio, c'est bon d'être revenus à la musique ?

Bortek : Ce n'est ni une reformation, ni un retour. C'est un démarrage, un début !

Kbye : On débute en fait ! Avec toute notre expérience, on sait maintenant les erreurs à ne pas commettre. Et donc on arrive tout frais, on commence. Et surtout, nous débutons dans un nouveau monde, par rapport à la musique, par rapport à l'art en général, qui est très dur, très difficile.

Leo : Vous donnez effectivement un impression de fraîcheur, dans votre créativité, et dans vos performances live !
Vous êtes un vrai groupe de scène ; je veux dire que vous assurez sur scène, vous vous donnez à fond, et vous marquez tous ceux qui vous ont vus !
Je voudrais qu'on parle de l'évolution de vos performances live. Dites-moi ce que vous évoquent les différents concerts que je vais citer, concerts auxquels j'ai assisté... ou pas.
Tout d'abord, en 1986, après la sortie de Cellar Dreams, à Marseille, à l'Espace Julien, vous étiez deux sur scène : un concert que j'ai raté, mais qui a bouleversé toute la communauté punk rock, new wave de Marseille ?

Bortek : Oh la la, oui, je me rappelle ! Le concert s'était vraiment bien passé, je m'accrochais aux rideaux, et les gens hurlaient de plaisir. Après le show, on est resté pour ranger le matériel, on pensait être seul, et quand on est sortis, on a été ovationnés ! Ils nous avaient tous attendus !

Kbye : Oui, ça avait vraiment accroché avec le public marseillais, et depuis, on est toujours bien accueillis là-bas. On était récemment au Poste à Galène, très bon public.

Leo : Oui, vous avez un public fidèle à Marseille.
Ensuite, je vous ai vus à Toulouse en 1989, à la salle FMR.

Bortek : Oui, une salle avec une configuration bizarre. On avait des musiciens avec nous pour cette tournée.

Leo : 1992, Cosmic Show à la Cigale, la mise en scène était très élaborée !

Kbye : Oui ! On était tous en blondes, sauf Bortek, qui était en brune !

Bortek : La Cigale n'est pas mon meilleur souvenir de la tournée. Mais on était filmés par M6, le document existe.

Kbye : Il faut dire qu'à l'époque on avait signé chez une major, et tu ne peux pas imaginer la thune dont on disposait ! C'était hallucinant ce qu'ils claquaient pour un clip, pour une tournée !!! À l'époque, quand on tournait, on n'avait plus de limite ! Ça avait des bons côtés, quand même.

Leo : Et le résultat vous a plu ? Les clips, cette tournée ?

Bortek et Kbye : Non !!!

Kbye : Ça nous a détruits, lessivés.

Bortek : On a perdu le sens de ce qu'on faisait.

Leo : Ensuite, 1994, le Zénith, où vous avez joué juste avant...

Bortek : ... les Cramps !

Leo : Et avant vous, il y avait John Spencer Blues Explosion et Morphine !

Bortek : Oui, il y avait une ambiance très étrange... avoir réuni tous ces groupes ! Les Cramps avaient un fond de scène sublime devant lequel on a tous joué... c'était très très étrange...

Leo : Dans le public aussi, c'était étrange, inhabituel, tous ces grands groupes rassemblés, mais bien !
J'ai remarqué ce jour-là que Lux Interior et toi portiez des escarpins, y avait-il une connexion ?

Bortek : Non ! Lux en a mis pendant une courte période ! Alors que j'en mets depuis le début ! Et ce n'étaient pas des escarpins, mais des platform-shoes rouges, avec des talons de 12 centimètres (accordées avec un chapeau haut-de-forme et un costume en vinyle - NDLeo). Et aujourd'hui, j'en suis à 15 centimètres, ça augmente au fur et à mesure !

Leo : Et comment sont les Cramps en dehors de la scène, toujours aussi déjantés ?

Bortek : Non, pas du tout, ils sont beaucoup plus straight, très cordiaux. C'est exactement comme nous, je suis très différent dans la vie de ce que je peux exprimer sur scène.

Kbye : À propos de Lux Interior, je me rappelle qu'on allait jouer à Hambourg, et en arrivant, on nous annonce que Lux était mort, tout le monde était effondré. On fait notre concert dans cette ambiance... et ça s'est révélé être une connerie... comme quoi, les rumeurs, vraiment !

Leo : Et enfin, la dernière fois que je vous ai vus, au Slow Club, en septembre 2006, vous étiez deux à nouveau, et c'était bon de vous retrouver dans la formation de base, avec un son de nouveau plus rock'n'roll.

Bortek : Oui ! Une fois que tous les rats ont quitté le navire et qu'il ne reste que la coque et le mat !
(rires de Bortek et Kbye)
C'était après la composition de Sex Magik, et on voulait tester les morceaux en live, les faire vivre immédiatement...

Christophe se lève et retourne vers sa guitare, il entame une reprise de Diamond Dogs qui durera plus de dix minutes.

Bortek : C'est un album qui raconte l'histoire d'une copine à nous, Diana Orlow, ou Lilith Von Sirius, puisque c'est le nom qu'elle s'était choisi. Elle a brûlé sa vie intensément. C'est une fille qui refusait, comme nous, de suivre un schéma classique, de travailler... C'était une courtisane de luxe, et une artiste, écrivain, danseuse, chanteuse...

Leo : C'est quoi une courtisane de luxe ?

Bortek : C'est un terme qui était utilisé au 18e siècle, par le Marquis de Sade... pour désigner... une pute !

Leo : Vous vous connaissiez. Avez-vous créé des oeuvres communes ?

Bortek : (rires) On a fait des choses ensemble, mais je ne sais pas si on peut appeler ça des oeuvres !

Leo : Comment s'est passé la composition de l'album, son enregistrement, dans quelle ambiance ?

 
Bortek : Christophe m'a rejoint pour terminer l'album Nu Clé Air Pop et pour le jouer sur scène. Et quand je lui ai proposé de créer un nouvel album, il m'a demandé si j'avais un concept - nous ne faisons que des albums-concept. Et à partir du moment où on a commencé à y travailler, c'est allé tout seul, très vite. On composait jusqu'à trois ou quatre morceaux par jour ! Et tout venait se placer sans problème, les mélodies, les paroles, c'était magique. C'était vraiment une muse magnifique, qui nous a énormément inspiré. Et même Christophe qui ne croit pas beaucoup à ces choses là était d'accord pour dire qu'il y avait quelque chose de spécial, une connexion immatérielle...
Il y a deux morceaux dont les textes sont tirés d'un poème et du journal qu'elle tenait, et qui se sont mis en place tous seuls avec notre musique.

Leo : J'ai trouvé pas mal de références à Gainsbourg dans cet album.


Sex Magik
Jad Wio - 2007
Magik C - Discograph
Bortek : Pas tant que ça. Gainsbourg est très important pour nous, mais il avait un côté trop consensuel quand nous sommes irrévérencieux. Nous sommes des fils indignes ! L’influence est évidente dans "Das ist l’histoire" c’était une volonté délibérée de ma part mais pas au-delà.

Leo : Les reprises sont des clés très importantes dans le répertoire d'un groupe rock'n'roll.
Pour vous, il y a "Contact" de Gainsbourg pour Bardot, "Paint It Black" des Stones...

Bortek : ...Et "You're Gonna Miss Me" qui nous accompagne depuis très longtemps. C'est une reprise des 13th Floor Elevator, un groupe psyché-punk apparu en 68-69 qui était considéré comme sataniste...
Les covers et le choix des artistes ont fondés notre style.

Leo : Denis, on t'a croisé au cours de différentes manifestations à Paris, je te propose de réagir à leur évocation :
Le concert des New-York Dolls à l'Olympia en 2006 ?

Bortek : Oh oui, c'est un groupe très important pour nous. On peut leur devoir la paternité des Sex Pistols.

Leo : L'exposition de photos de Joy Division chez Agnès B. Qu'as-tu pensé de Control, d'Anton Corbijn ?

Bortek : J'ai trouvé que la photographie du film N&B était remarquable. Et l'histoire était vraiment bien rendue, fidèle au livre de Debbie Curtis que j’avais lu à sa parution. Quant à l’exposition les photos sont si rares qu’on reste un peu sur sa faim n’est-ce pas…

Leo : Le concert de Siouxsie à l'Élysée Montmartre ?

Bortek : On a un lien très ancien et fort avec Siouxsie, on a fait sa première partie en 1984 au Pavillon Baltard. Ce devait être notre deuxième concert, devant 5000 personnes. C'est une grande dame, une icône sombre. On l'aime beaucoup.

Leo : Et pour finir, un petit mot pour Fred Chichin, qui nous a quitté hier ?

Bortek : Oh, c'est vraiment très triste. Mais il va rejoindre Jean Néplin, qui est parti il n'y a pas très longtemps et qui va l’accueillir. Une grande pensée pour ce grand songwriter... Vraiment, plein de bisous pour lui et pour sa famille qui doit être à la peine..

Words & video: Leo Poli Video & photos: Arnaud Desjardins

jadwio.com
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